LA TERRE

Ma Terre, ma Mère, la mère de toutes les mères, tu nous portes, tu nous nourris, tu nous supportes avec une bienveillance intarissable, tu nous protèges et veilles à ce qu’on ne manque de rien.

Tu nous émerveilles chaque jour qui nous est donné. Le chant des oiseaux, la perfection de ta nature, du moindre brin d’herbe à la plus puissante de tes montagnes et au plus grand de tes océans, de la moindre fourmi au plus grand des cétacés, tu ravis chacun de nos jours et illumines nos âmes de ces bonheurs incommensurables.

Tu renouvelles sans relâche le cycle de la vie  afin de pourvoir à notre déploiement.

Tu as su amortir nos chutes lors de nos premiers pas pour que nous apprenions en douceur à nous relever.

De merveille en merveille, tu as éveillé nos esprits, et tu les respectes tous : de celui du chasseur dont tu nourris et abrites les proies à celui du contemplateur que tu remplis de bonheur par tes paysages époustouflants, tes fleurs, tes odeurs et tes saveurs…

Sans jugement, sans faille, tu accompagnes notre humanité qui, elle, oublie trop souvent que tu existes…

Cette humanité qui te piétine, te bétonne, te goudronne sans vergogne, qui puise dans tes réserves sans pudeur, juste pour sa petite satisfaction matérielle.

Jusque-là tu as toujours été indulgente face à notre incompétence, à notre insolence et à notre irrespect le plus profond.

Tu nous alertes de temps à autre, même si nous sentons bien que tu retiens tes éléments pour éviter qu’ils nous engloutissent.

Mais jusqu’à quand vas-tu tolérer notre impudence, jusqu’à quand vas-tu accepter que nous te détruisions ?

Dans ta grande miséricorde, ne nous as-tu pas laissés déjà aller trop loin ?

Parfois, quand j’essaie de te comprendre, de me connecter à toi, je sens ton ventre qui gronde et qui bouillonne prêt à imploser ; toutefois, je ressens toujours ton Amour immense, ta bienveillance et ta forte puissance de renaissance.

Lorsque je me suis exprimé sur le pardon, je disais qu’il était réservé à Dieu ou aux dieux, alors je te demande pardon, pour ne pas t’avoir toujours respectée dans mes actes, mes agissements et mes pensées. Car tu es la plus belle preuve vivante de l’énergie divine, sa manifestation la plus réussie qui nous soit accessible et nous ne la voyons pas.

Je te demande pardon au nom de toute l’humanité. Et si dans tes facultés il y a celle de la faire avancer sur l’essence de la vie, à savoir respecter la fertilité de Celle qui nous nourrit, alors s’il te plaît fais lui comprendre.

Je t’Aime, ma Terre, ma Mère…

Délio